Ceci est une version HTML d'une pièce jointe à la demande d'accès à l'information 'Analyses complètes de la qualité des eaux pour 4 zones de distribution (Leuze, Seneffe, Chièvres-Ath-Beloeil depuis le 1er janvier 2017'.

Courrier à l’attention de la CRAIE dans le cadre du recours n°1389 suite à
la visite des laboratoires de la SWDE le mardi 27 février 2024
Comme demandé par votre Commission dans le mail qui m’a été adressé le 15 février, je
reviens vers vous suite aux échanges que nous avons eu avec des membres de la SWDE (Société
wallonne des eaux
) au sein de leurs laboratoires de Fleurus, le mardi 27 février 2024.
Cette   visite   avait   pour   but   de   clarifier   certains   points   attenants   au   traitement   de   ma
demande - notamment s’agissant des éléments avancés par la partie adverse quant à la difficulté
technique et à la surcharge de travail nécessaires à sa satisfaction -, mais également afin d’apporter
des éléments d’informations supplémentaires par la consultation de la base de données de la société.
Avant toutes choses, je tenais à saluer l’esprit d’ouverture dont ont fait preuve les membres
de la SWDE présents lors de cet échange : malgré la réelle technicité de certains points soulevés lors
de  nos discussions, des  efforts ont  été  mis en  œuvre afin  d’apporter  un maximum  d’éléments
nécessaires à la compréhension de ces derniers. 
Par   ailleurs,   je   salue   également   l’accueil   réservé   aux   personnes   ressources   qui   m’ont
accompagné lors de cette visite - un toxicologue, un data-journaliste et l’un des administrateurs du
collectif  SOS Notre Santé / Chièvres les Citoyens réunis -, sans l’aide desquels je ne serai pas
parvenu à tirer pleinement profit de cette rencontre. 
R
   a ppel concernant le contexte de cette rencontre organisée au sein du laboratoire de la 
SWDE
J’en viens à présent à l’objet de cette visite et à la question qui intéresse votre Commission,
soit le sentiment que j’ai concernant la satisfaction de ma demande. 
Pour rappel, ma demande portait sur l’ensemble des données d’analyse complètes des eaux
de quatre zones de distribution (suivant la nomenclature de la SWDE, il s’agit des zones n°1098,
n°1125, n°1161 & n°1165). 
J’avais déjà obtenu partiellement satisfaction de cette demande en recevant, des services de
la SWDE, les données d’analyse de PFAS réalisées depuis septembre 2023 (date de commencement
du  monitoring)  pour les quatre zones demandées, ainsi qu’un graphique indiquant une courbe de
taux totaux de PFAS pour le site du Château d’eau de Chièvres depuis octobre 2021 (date  de
réalisation des premiers prélèvements destinés à l’analyse des taux de PFAS). 
 S’agissant des autres composants ou polluants analysés par la SWDE, j’en restais alors aux
informations   disponibles   dans   les  seuls   rapports  consultables   pour   le   public   et   disponibles  sur
simple requête avec adressage – ces rapports  n’indiquant que le nombre total de prélèvements
réalisés au cours de l’année ainsi que les valeurs médianes (soit celles partageant les ensembles des
valeurs observées en deux parts égales) pour les différents paramètres analysés, je restais sur ma
faim estimant que de telles données pouvaient masquer des taux s’écartant sensiblement de la valeur
médiane   ainsi   communiquée.   Une   telle   invisibilisation   de   valeurs   « aberrantes »   me   semblait
préjudiciable au public dans la mesure où l’exposition à de tels taux de ces composants / polluants
pouvait légitimement nous amener à craindre qu’un risque sanitaire puisse alors être encouru par la
population.
Cette crainte, couplée à l’absence d’explications précises concernant la surcharge de travail
qu’impliquerait la satisfaction de ma demande, motivait donc le maintien de mon recours auprès de
votre Commission pour refus d’informer.
Finalement, au terme de nos échanges, diverses observations ont pu être faites et un accord
a été trouvé avec la SWDE qui me permet de réduire le périmètre de ma demande de façon à ce que
cette dernière puisse être satisfaite moyennant une charge de travail jugée acceptable par la partie
adverse. 

link to page 2 Je procéderai ici en deux temps, exposant d’abord aux membres de la Commission les
observations faites lors de cette visite qui m’amènent à considérer comme fondé l’argument d’une
surcharge de travail qu’impliquerait la satisfaction totale de ma demande (1), puis présentant la ré-
évaluation de cette demande afin d’en préciser le périmètre de façon à lever cette difficulté liée à
une surcharge de travail (2). 
(1) L
  es observations faites l ors de cet échange avec les membres de la SW
  DE  :
Plusieurs éléments compliquent la communication des données d’analyses complètes des
eaux de ces zones de distribution par la SWDE :
- Tout d’abord, le fait que certaines données d’analyses brutes (notamment celles portant
l’accréditation de la  SWDE  qui sont réalisées à la sortie du robinet des consommateurs finaux)
contiennent   des   données   à   caractère   personnel   (adresses,   noms,   etc.)   dont   la   communication
nécessiterait un traitement manuel visant à l’expurgation de ces éléments afin de ne pas enfreindre
le RGPD (Règlement général sur la protection des données à caractère personnel – une législation
européenne).
- Ensuite, la relative obsolescence du logiciel de traitement utilisé afin de structurer la base
de données de la  SWDE :  en effet,  ce dernier ne permet pas, en l’état, d’afficher des résultats
suivant les limites de détection (concrètement, le logiciel n’affiche pas les symboles « < » et « > »
nécessaire à la bonne compréhension de certaines données d’analyse – notamment s’agissant des
PFAS dont l’addition en vue d’obtenir une valeur totale est rendue délicate sans contextualisation
des données). Il est à noter qu’un nouveau logiciel doit être implémenté au sein du laboratoire de la
SWDE le 11 mars 2024. Cependant, bien que le cahier des charges de ce nouveau logiciel tienne
compte de cette nécessité d’un affichage des limites de détection des différentes valeurs, sa mise en
fonction se fera de façon progressive et ne pourra pas, en raison de l’architecture complexe de la
base   de   données   actuelle   et   des   incompatibilités   de   champs   des   deux   systèmes,   accueillir   les
données antérieures à sa mise en fonctionnement  (soit celles-là mêmes qui correspondent à notre
demande).
-  Enfin,   la   prise   en   charge   de   certaines   analyses   par   des   laboratoires   sous-traitants
complique encore le travail de formatage des différentes données afin que ces dernières puissent
être communiquées au public sans risque de mésinterprétations. Et, là encore, la communication des
données d’analyses brutes accompagnées des éléments de contextualisation nécessaires à leur bonne
compréhension s’avère  difficile dans la  mesure où ces  données  d’analyses  devraient  alors  être
vérifiées manuellement afin d’être expurgées des données à caractère personnel qu’elles recèlent1.
Bref, étant donné le grand nombre de données entrant sous le périmètre de ma demande
initiale et prenant connaissance de ces divers éléments, il nous semble en effet qu’une satisfaction
totale de notre demande impliquerait un travail important de la part des services de la SWDE
Sans pouvoir estimer avec un grand degré de précision le nombre d’heures nécessaire à
cette   fin,   il   ressort   en   effet   de   ce   qui   précède   qu’une   communication   des   données   brutes
accompagnées  des   éléments   de  contextualisation   indispensables   à   la   bonne  compréhension   des
résultats   ainsi   communiqués   (c’est-à-dire   l’indication   des   limites   de   détection   des   différents
paramètres et de leur « représentativité » - soit le fait que les paramètres de l’eau analysée à la sortie
du   robinet   indiquent  bien  l’état   de   cette   dernière   au   sein   du  réseau   de   distribution   plutôt   que
certaines   propriétés   spécifiquement   dues   à   son   passage   par   diverses   installations   au   sein   de
1
Les   explications   fournies   par   les   membres   de   la  SWDE  concernant   ce   dernier   point   rendent   sans   objet   nos
interrogations, partagées aux membres de votre Commission dans notre mail du 11 février 2024, concernant l’écart
observé entre le nombre total de prélèvements annuels repris dans les rapports de la SWDE librement accessibles au
public sur simple requête en ligne et ceux renseignés pour les seuls PFAS sur la période de quatre mois couverte par
le  monitoring  depuis septembre 2023. En effet, comme nous le formulions alors à titre d’hypothèse, cet écart
s’explique par la réalisation de prélèvements exprès visant à la mesure des taux de PFAS.

link to page 3 l’habitation   –   adoucisseur,   filtres,   etc.)   demanderait   un   important   travail   d’anonymisation   des
données d’analyses, nécessitant l’implication d’une main d’œuvre humaine. 
Quant à la communication des éléments d’analyse suivant le formatage des données brutes,
nécessaire  à leur  inscription  dans  la  base  de données  de  la  société,  celle-ci  s’avère  également
délicate  dans la mesure où les limitations techniques du logiciel ne permettent pas l’affichage de
résultats   contextualisables   sans   qu’y   soient   adjointes   ces   données   brutes   elles-mêmes,  dont   le
traitement d’anonymisation serait une nouvelle fois nécessaire.
(2) L’accord conclu avec les membres de la SWDE :
Une   fois   ces   observations   faites,   nous   avons   donc   conclu   l’accord   suivant   avec   les
membres de la SWDE présents lors de cet échange : 
(a) S’agissant des données relatives aux taux de PFAS, dont les révélations par la presse
motivaient initialement notre demande : 
Nous faisions remarquer à la Commission, dans notre mail daté du 11 février, que les
résultats communiqués par la  SWDE  pour la zone de distribution de Chièvres, soit un graphique
indiquant   l’évolution   du   taux   global   de   PFAS   sur   le   site   du   Chateau   d’eau   d’octobre   2021   à
septembre 2023 avec indication de trois dates – le couplage des eaux, le début du filtrage par
charbon actif & la fin de l’installation des filtres à charbon actif -, ces données, disions-nous,
manquaient de précisions. Aucune mention de lieux ou de dates de prélèvements n’y figuraient, ni
d’indication   précise   pour   chacune   des   20   molécules   de   PFAS   reprises   dans   la   réglementation
européenne de 2020. 
Puisque  nous avons récemment pris connaissance  de données  plus précises liées à cette
zone de distribution (pour le site « P1 » et celui « CE » - du château d’eau de Chièvres) - données
qui ont été communiquées au public par l’équipe de journalistes de la RTBFnous avons demandé
qu’en soit vérifiée la conformité par la SWDE avec les éléments disponibles au sein de la base de
données de la société. 
Ces données issues de l’enquête journalistique ont été communiquées par mail aux services
de la SWDE en la personne de Mme Colmant le 23 février. Les membres de la SWDE présents lors
de cet échange ont accepté de procéder à cette vérification et de me communiquer le résultat de ce
travail, ceci afin de donner satisfaction à ma demande pour ce qui ressort spécifiquement des PFAS.
(b)  S’agissant   des   autres   paramètres   analysés   dans   l’eau   potable   par   la  SWDE  et   qui
tombaient   sous   le   périmètre   de   ma   demande   (soit,   pour   rappel,   les   eaux   de   quatre   zones   de
distribution pour la période s’étalant du 1er  janvier 2017 jusqu’au jour de l’introduction de ma
demande, fin 2023) :
Il est ressorti de nos discussions avec les membres de la  SWDE  présents lors de cette
rencontre que le cadre légal entourant l’activité de la société dans le contrôle de la qualité des eaux
potables qu’elle produit et / ou distribue prévoit le signalement auprès des autorités compétentes des
« évènements » pouvant impacter la qualité de l’eau potable. 
Ces « évènements » correspondent aux relevés de dépassements des valeurs paramétriques
(voir, pour certains composants ou polluants, de ces valeurs « ajustées » d’un certain pourcentage,
suivant un cadre normatif précis) et font l’objet d’une communication suivant un protocole précis
auprès des autorités compétentes via la plateforme en ligne SIQUEP (pour Système d’Information
sur la Qualité de l’Eau Potable
) – au moins depuis 2018. 
Afin d’avoir un ordre de grandeur  concernant la fréquence de ces « dépassements », les
membres de la SWDE nous ont indiqué un nombre approximatif de près de 200 évènements par an
2
À notre connaissance, ces données avaient alors été présentées par l’équipe de journalistes comme des documents
internes à la SWDE – mais sans qu’une confirmation de cette information ait été apportée de la part de la société. 

link to page 4 link to page 4 pour les 278 zones de distribution dont elle a la charge. Une fois encore, tous ces dépassements ne
sont pas nécessairement « représentatifs » de l’état de l’eau conduite sur le réseau3. 
Nous   avons   appris,   à   l’occasion   de   ces   échanges,   que   les   instances   de   régulation
responsables de ce registre SIQUEP avaient pour intention, dans un avenir plus ou moins proche, de
rendre ces données accessibles au public4
En l’absence actuelle d’une telle communication, nous avons néanmoins convenu avec les
membres   de   la  SWDE  présents   lors   de   cette   rencontre,   d’une   communication   des   différents
« dépassements » pour les quatre zones de distributions demandées depuis le 1er janvier 2017.
Précisons   que   ces  signalements   de   « dépassements »   seront   adossés   sur   l’état   des
législations en vigueur au moment où ont été réalisés les prélèvements en question. Autrement dit,
un taux supérieur à celui adopté dans la législation mais antérieur à cette dernière ne pourra pas
faire l’objet de ce « ciblage » par les services de la SWDE et ne nous sera donc pas communiqué. 
Par   ailleurs,   nous   avons   également   convenu   que   tout   élément   permettant   une
contextualisation de ces données relatives aux « dépassements » des valeurs paramétriques (ou des
valeurs   paramétriques   ajustées)   pourraient   être   communiquées   afin   d’en   permettre   la   bonne
compréhension.
Pour ma part, j’estime que cet accord permet une satisfaction de ma demande dans la
mesure où cette dernière était motivée par la crainte d’autres risques de contamination des eaux
potables sur ces quatre zones de distribution et que ce recentrement de ma demande autour des
« évènements » pouvant impacter la qualité de l’eau potable, bien qu’imparfait car adossé à une
législation elle-même en évolution, s’avère compatible avec la bonne continuité des services de la
SWDE. 
Finalement, j’ajoute que les derniers éléments de ma correspondance avec la SWDE sont
toujours
 disponibles
 
en
 
ligne
 
à
 
l’adresse
 
suivante :
https://transparencia.be/request/analyses_completes_de_la_qualite#outgoing-8641
Précision importante : ce document a fait l’objet d’une relecture de la part des services de
la  SWDE  afin   de   m’assurer   de   la   conformité   des   éléments   portés   à   la   connaissance   de   votre
Commission avec les éléments de l’accord que nous avions conclu oralement lors de notre échange
du 27 février avec les membres de la société.
 
Évidemment,   je   ne   manquerai   pas   d’avertir   votre   Commission   dès   que   j’aurai   accusé
réception de ces différentes informations de la part de la SWDE.
Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les membres de la Commission de recours pour le
droit   d’accès   à   l’information   en   matière   d’environnement,   l’expression   de   mes   sentiments
distingués. 
Romain Pion
3
Comme nous l’indiquions plus haut, un « évènement » peut également être tributaire de certaines installations
propres à l’habitation où est réalisé le prélèvement en question – cette « représentativité » doit alors faire l’objet
d’investigations plus poussées sur le réseau de distribution.
4
Non seulement les « évènements » ainsi rapportés, mais également l’ensemble des données relatives au contrôle de
la qualité de l’eau potable sur les sites de prélèvements des consommateurs finaux transmis par les 88 distributeurs
d’eau présents en région wallonne – au nombre desquels nous comptons la  SWDE  comme principal distributeur
(approximativement 60 % de la population en région wallonne).